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137 - octobre 2023 - Littérature de jeunesse face à la Shoah : dossier [texte imprimé] . - 2023 . - 170 p. Langues : Français ( fre) Anglais ( eng)
Catégories : |
(44) France (493) Belgique 37:17 Travail de Mémoire 82-93 Littérature de jeunesse - littérature pour enfants 82-940.531 Littérature lazaréenne 94(100)"1933/45"-053.2 Enfants dans Camps 94(100)"1939/45" Histoire Seconde Guerre mondiale Judéocide / Shoah
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Résumé : |
Site éditeur
En France et en Belgique, les recherches sur la corrélation entre littérature de jeunesse et la Shoah sont rares, contrairement à l’attention phénoménale en Amérique (tout le monde connaît Maus d’Art Spiegelman) et dans d’autres pays anglophones. Pourtant, les livres pour enfants qui dépeignent la Shoah en mots et en images n’ont cessé de prendre de l’ampleur dans la France d’après-guerre et en Belgique. Alors que la critique et la recherche littéraires semblent encore balbutiantes, ce dossier montrera que l’analyse critique de ce corpus est d’une grande pertinence pour l’avenir.
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Note de contenu : |
Sommaire et résumés
• Éditorial : Quid de l’histoire et de la mémoire dans le futur ?
• Chroniques
- « Spirou dans la tourmente de la Shoah »
- Livre Hiroshima selon Keiji Nakazawa : dans l’ombre de la bombe
- Nuremberg : Droit de la force et force du droit
- Maurice Bavaud a voulu tuer Hitler
- La lecture comme support pédagogique pour l’apprentissage de la Shoah dans l’enseignement secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles
• Portfolio : Georges Lemoine. Un illustrateur à multiples facettes
• Mots de mémoire
• Grand Entretien : Hélios Azoulay
• Dossier : Littérature de jeunesse face à la Shoah : impossibles transmissions ?
- Présentation / Kathleen Gyssels
- Chemin d’écriture, chemin de fumée / Élisabeth Brami
« Se taire est interdit, parler est impossible » dit Elie Wiesel à Jorge Semprun qui lui rétorque : « Plus j’écris, plus la mémoire me revient. » C’est pour traiter de ce sujet de la transmission possible ou non, par l’écriture (ou non), qu'Élisabeth Brami a dû en passer par l’analyse de ses propres romans et albums.
- Histoire cachée, ou comment l’histoire de mon père, enfant caché, se cache dans toutes mes histoires / Rachel Hausfater
Rachel Hausfater nous explique comment et dans quelle mesure elle s’est approprié ce que son père lui a dit (et tu) de l’histoire tragique de sa famille. Elle nous raconte la genèse de ses livres et nous révèle comment ceux-ci sont nourris par cette histoire.
- Démons et merveilles : la Shoah au risque de l’imaginaire dans les romans contemporains pour adolescents / Laurent Bazin
Laurent Bazin formule l’hypothèse que les fictions de l’imaginaire constituent une façon somme toute recevable d’aborder un moment de l’histoire impossible à appréhender – justement parce qu’elles constituent la réponse naturelle recherchée par une génération éminemment sensible aux crises existentielles et aux blocages de la communication. Il avance l’idée que la littérature contemporaine pour adolescents produit les conditions d’une relation renouvelée au passé, en assumant le risque de l’invraisemblance pour mieux sensibiliser ses lecteurs, eux-mêmes en situation d’existence problématique, à l’impensabilité de l’Histoire.
- Élisabeth Brami : La fable et l’histoire. Mémoire et transmission / Béatrice Finet
Réfléchissant à la façon la plus juste de raconter la Shoah, Aharon Appelfeld dans l’un de ses écrits théoriques note que seule la littérature permet d’approcher la vérité de l’événement. Béatrice Finet nous montre ici comment deux des œuvres littéraires d’Élisabeth Brami, Sauve-toi Élie ! et Je renaîtrai de vos cendres en tentant d’approcher cette vérité, abordent tout à la fois la question de sa mémoire, de son histoire et surtout celle de sa transmission.
- Dire la Shoah autrement : Le Petit chaperon Uf de Jean-Claude Grumberg et Des Miettes et des étoiles de Thomas Duranteau / Esther Grimalt
Le Petit chaperon Uf de Jean-Claude Grumberg aborde la Shoah via le conte. Il évoque progressivement la montée des restrictions contre les Juifs. Le conte est avorté, cela souligne l’effet de « déjà vu » et la peur d’un « bégaiement » de l’Histoire. Des Miettes et des étoiles de Thomas Duranteau est une traversée spatio-temporelle au travers des décombres, des traces d’un peuple et d’une culture brisés.
- « Il était [mille] fois, un juif désespérément heureux » : ou comment expliquer la Shoah aux enfants (André Schwarz-Bart) / Kathleen Gyssels
Kathleen Gyssels s’intéresse au paradoxe que dans le roman pour adultes, classé comme tel, l’enfant n’en demeure pas moins central : par le bas âge du protagoniste, confronté à la montée du nazisme, d’une part, de par sa « foi » dans les histoires, les contes, lecteur boulimique qui, comme juif « du dimanche », dévore les contes de fées (« Il était une fois »), et enfin, l’impact de l’image lorsque le langage est encore en « construction ». Tout au long de sa carrière d’écrivain, André Schwarz-Bart aurait multiplié les tentatives pour raconter la Shoah aux enfants.
- Faire sonner la langue, du vide à la vie : l’écriture à corps et à cris de Rachel Hausfater / Éléonore Hamaide-Jager
Avec un style travaillant sur le rythme, les reprises phoniques et lexicales, Rachel Hausfater centre son attention sur les corps déportés des enfants, sur le souvenir fantasmé de ceux des parents et, de manière originale, sur le corps amoureux dans les camps. La parole des enfants est autant le vestige d’une langue détruite que la réappropriation d’un espace de langage et d’une identité.
• Varia
- Un parfum d’amande amère. Les allemands, le cyanure et la fin du troisième Reich / Christophe Talloen et Fabian Van Samang
Fabian Van Samang et Christophe Talloen évoquent dans cet article la véritable épidémie de suicides par cyanure qui a touché l’Allemagne en 1945.
- À la recherche des corps perdus. Témoins, témoignages et traumatismes dans Billydéki / Kamelia Talebian Sedehi
Au Canada, le dernier pensionnat pour jeunes Aborigènes a fermé ses portes en 1996, mais ses persécutions poursuivent les survivants et leurs descendants. Les œuvres littéraires ont le pouvoir d’informer le public des dérives du passé. Elles mêlent histoire et narrativisation pour faire de la littérature une forme de narration de témoignage capable de présenter les incidents historiques sous un jour nouveau. Les témoignages littéraires transforment ainsi l’histoire des pensionnats canadiens. Billydéki (2019), de Sonia Perron, est un témoignage littéraire des réalités des pensionnats canadiens, mais aussi un parfait exemple de la relation transformationnelle qui lie l’histoire et la narration. Billydéki laisse transparaître les exactions des pensionnats envers les communautés aborigènes. En traduisant en mots l’expérience directe de témoins oculaires, l’autrice historicise ces incidents et abus. La narration ne se contente pas de raconter l’histoire, de dire « voilà ce qu’il s’est passé » ; elle le montre à travers les yeux de divers acteurs ou spectateurs présents au moment du traumatisme. L’objet de cet article est d’appliquer le concept du traumatisme de Judith Herman et le concept de témoignage et de témoin de Shoshana Felman et Dori Laub au roman Billydéki, de Sonia Perron, afin de mettre en lumière les incidents historiques survenus dans certains pensionnats et longuement passés sous silence.
• Site mémoriel : Le mémorial des frères Léonard à Gouvy (Guy Zelis)
• Librairie
• À lire / à voir / à suivre
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En ligne : |
https://journals.openedition.org/temoigner/12114 |
Format de la ressource électronique : |
Revue en ligne |
Permalink : |
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Titre : |
137 - octobre 2023 - Littérature de jeunesse face à la Shoah : dossier |
Type de document : |
texte imprimé |
Année de publication : |
2023 |
Importance : |
170 p. |
Langues : |
Français (fre) Anglais (eng) |
Catégories : |
(44) France (493) Belgique 37:17 Travail de Mémoire 82-93 Littérature de jeunesse - littérature pour enfants 82-940.531 Littérature lazaréenne 94(100)"1933/45"-053.2 Enfants dans Camps 94(100)"1939/45" Histoire Seconde Guerre mondiale Judéocide / Shoah
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Résumé : |
Site éditeur
En France et en Belgique, les recherches sur la corrélation entre littérature de jeunesse et la Shoah sont rares, contrairement à l’attention phénoménale en Amérique (tout le monde connaît Maus d’Art Spiegelman) et dans d’autres pays anglophones. Pourtant, les livres pour enfants qui dépeignent la Shoah en mots et en images n’ont cessé de prendre de l’ampleur dans la France d’après-guerre et en Belgique. Alors que la critique et la recherche littéraires semblent encore balbutiantes, ce dossier montrera que l’analyse critique de ce corpus est d’une grande pertinence pour l’avenir.
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Note de contenu : |
Sommaire et résumés
• Éditorial : Quid de l’histoire et de la mémoire dans le futur ?
• Chroniques
- « Spirou dans la tourmente de la Shoah »
- Livre Hiroshima selon Keiji Nakazawa : dans l’ombre de la bombe
- Nuremberg : Droit de la force et force du droit
- Maurice Bavaud a voulu tuer Hitler
- La lecture comme support pédagogique pour l’apprentissage de la Shoah dans l’enseignement secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles
• Portfolio : Georges Lemoine. Un illustrateur à multiples facettes
• Mots de mémoire
• Grand Entretien : Hélios Azoulay
• Dossier : Littérature de jeunesse face à la Shoah : impossibles transmissions ?
- Présentation / Kathleen Gyssels
- Chemin d’écriture, chemin de fumée / Élisabeth Brami
« Se taire est interdit, parler est impossible » dit Elie Wiesel à Jorge Semprun qui lui rétorque : « Plus j’écris, plus la mémoire me revient. » C’est pour traiter de ce sujet de la transmission possible ou non, par l’écriture (ou non), qu'Élisabeth Brami a dû en passer par l’analyse de ses propres romans et albums.
- Histoire cachée, ou comment l’histoire de mon père, enfant caché, se cache dans toutes mes histoires / Rachel Hausfater
Rachel Hausfater nous explique comment et dans quelle mesure elle s’est approprié ce que son père lui a dit (et tu) de l’histoire tragique de sa famille. Elle nous raconte la genèse de ses livres et nous révèle comment ceux-ci sont nourris par cette histoire.
- Démons et merveilles : la Shoah au risque de l’imaginaire dans les romans contemporains pour adolescents / Laurent Bazin
Laurent Bazin formule l’hypothèse que les fictions de l’imaginaire constituent une façon somme toute recevable d’aborder un moment de l’histoire impossible à appréhender – justement parce qu’elles constituent la réponse naturelle recherchée par une génération éminemment sensible aux crises existentielles et aux blocages de la communication. Il avance l’idée que la littérature contemporaine pour adolescents produit les conditions d’une relation renouvelée au passé, en assumant le risque de l’invraisemblance pour mieux sensibiliser ses lecteurs, eux-mêmes en situation d’existence problématique, à l’impensabilité de l’Histoire.
- Élisabeth Brami : La fable et l’histoire. Mémoire et transmission / Béatrice Finet
Réfléchissant à la façon la plus juste de raconter la Shoah, Aharon Appelfeld dans l’un de ses écrits théoriques note que seule la littérature permet d’approcher la vérité de l’événement. Béatrice Finet nous montre ici comment deux des œuvres littéraires d’Élisabeth Brami, Sauve-toi Élie ! et Je renaîtrai de vos cendres en tentant d’approcher cette vérité, abordent tout à la fois la question de sa mémoire, de son histoire et surtout celle de sa transmission.
- Dire la Shoah autrement : Le Petit chaperon Uf de Jean-Claude Grumberg et Des Miettes et des étoiles de Thomas Duranteau / Esther Grimalt
Le Petit chaperon Uf de Jean-Claude Grumberg aborde la Shoah via le conte. Il évoque progressivement la montée des restrictions contre les Juifs. Le conte est avorté, cela souligne l’effet de « déjà vu » et la peur d’un « bégaiement » de l’Histoire. Des Miettes et des étoiles de Thomas Duranteau est une traversée spatio-temporelle au travers des décombres, des traces d’un peuple et d’une culture brisés.
- « Il était [mille] fois, un juif désespérément heureux » : ou comment expliquer la Shoah aux enfants (André Schwarz-Bart) / Kathleen Gyssels
Kathleen Gyssels s’intéresse au paradoxe que dans le roman pour adultes, classé comme tel, l’enfant n’en demeure pas moins central : par le bas âge du protagoniste, confronté à la montée du nazisme, d’une part, de par sa « foi » dans les histoires, les contes, lecteur boulimique qui, comme juif « du dimanche », dévore les contes de fées (« Il était une fois »), et enfin, l’impact de l’image lorsque le langage est encore en « construction ». Tout au long de sa carrière d’écrivain, André Schwarz-Bart aurait multiplié les tentatives pour raconter la Shoah aux enfants.
- Faire sonner la langue, du vide à la vie : l’écriture à corps et à cris de Rachel Hausfater / Éléonore Hamaide-Jager
Avec un style travaillant sur le rythme, les reprises phoniques et lexicales, Rachel Hausfater centre son attention sur les corps déportés des enfants, sur le souvenir fantasmé de ceux des parents et, de manière originale, sur le corps amoureux dans les camps. La parole des enfants est autant le vestige d’une langue détruite que la réappropriation d’un espace de langage et d’une identité.
• Varia
- Un parfum d’amande amère. Les allemands, le cyanure et la fin du troisième Reich / Christophe Talloen et Fabian Van Samang
Fabian Van Samang et Christophe Talloen évoquent dans cet article la véritable épidémie de suicides par cyanure qui a touché l’Allemagne en 1945.
- À la recherche des corps perdus. Témoins, témoignages et traumatismes dans Billydéki / Kamelia Talebian Sedehi
Au Canada, le dernier pensionnat pour jeunes Aborigènes a fermé ses portes en 1996, mais ses persécutions poursuivent les survivants et leurs descendants. Les œuvres littéraires ont le pouvoir d’informer le public des dérives du passé. Elles mêlent histoire et narrativisation pour faire de la littérature une forme de narration de témoignage capable de présenter les incidents historiques sous un jour nouveau. Les témoignages littéraires transforment ainsi l’histoire des pensionnats canadiens. Billydéki (2019), de Sonia Perron, est un témoignage littéraire des réalités des pensionnats canadiens, mais aussi un parfait exemple de la relation transformationnelle qui lie l’histoire et la narration. Billydéki laisse transparaître les exactions des pensionnats envers les communautés aborigènes. En traduisant en mots l’expérience directe de témoins oculaires, l’autrice historicise ces incidents et abus. La narration ne se contente pas de raconter l’histoire, de dire « voilà ce qu’il s’est passé » ; elle le montre à travers les yeux de divers acteurs ou spectateurs présents au moment du traumatisme. L’objet de cet article est d’appliquer le concept du traumatisme de Judith Herman et le concept de témoignage et de témoin de Shoshana Felman et Dori Laub au roman Billydéki, de Sonia Perron, afin de mettre en lumière les incidents historiques survenus dans certains pensionnats et longuement passés sous silence.
• Site mémoriel : Le mémorial des frères Léonard à Gouvy (Guy Zelis)
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