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L’étude de l’histoire de l’appareil judiciaire répressif en Union soviétique et de la correspondance des détenus du Goulag réserve quelques surprises. Ainsi, on découvre que la mesure pénale prévoyant une condamnation « à 10 ans de camp de rééducation par le travail sans droit à la correspondance et sans droit aux colis » ne figurait pas dans le Code Pénal de l’Union Soviétique. En fait, il s’agissait d’une formule inventée par le ministère de l’Intérieur pour servir d’écran au très grand nombre de condamnations à la peine capitale (750.000) qui furent prononcées par défaut et sans appel lors de la Grande Terreur (1937 - 1938).
Quand ils étaient interpellés par les proches qui voulaient avoir des nouvelles des condamnés, les représentants du ministère devaient répondre oralement que les personnes concernées avaient été condamnées à cette peine, alors qu’en réalité elles avaient déjà été fusillées. De nombreux témoignages montrent que les citoyens soviétiques crurent à la véracité de ces déclarations.